En ces jours plutôt frais, une petite pensée tient bon dans le gravier.

Certes, elle dit d’abord que je suis très peu assidue au désherbage, oups !

Mais quand même, elle en a profité pour venir toute seule s’installer là, dans ce milieu à première vue peu hospitalier pour sa délicatesse, et elle s’acharne à fleurir tant et plus.

Elle me fait penser à la chanson créole : « Moi planté pensée, mais c’est souci moi récolter », j’ai planté une pensée et j’ai récolté un souci. D’une fleur à l’autre. D’un sentiment à l’autre.

Notre pensée peut fleurir dans le désert comme dans le gravier. Elle peut aussi c’est vrai, lorsqu’elle affronte la réalité, offrir une brassée de soucis en récolte, mais elle offre surtout de la beauté, elle offre vie et sens.

Notre pensée est capable de liberté malgré les pires contraintes, capable d’ouverture lorsque nous nous sentons enfermés, capable de générosité même quand nous avons les mains vides. Quelle force !

La pensée que Dieu pense à moi, à toi, à nous, et la pensée que ma pensée est don de Dieu, cela me donne sens et courage pour faire face aux soucis dans le gravier des jours. Cela me donne sens et force pour tenir bon dans les frimas afin que le monde soit toujours plus à la chaleur de la pensée de Dieu pour lui !

Sophie Mermod-Gilliéron, pasteur

 

 

 

Croire. Aujourd’hui. Deux mots qui font le titre de cette rubrique. Deux mots qui me donnent à penser.

Est-ce qu’on croit, aujourd’hui ? Certes, on croit qu’il va faire beau. On croit qu’on a raison. On croit qu’on a pensé à… Non, je veux dire : croire. Le croire de la foi. Est-ce qu’on croit aujourd’hui ? Peut-être ne reste-t-il que l’alternative entre certitudes absolues et désespérances. Plus rien à espérer ni à attendre, plus d’envies de faire surgir et naître. Ou… si ?

Qui croit aujourd’hui ? Juste de vieux schnoks comme moi, ou de jeunes illuminés peut-être. Ou… vous ?

En qui ou en quoi croit-on aujourd’hui ? En Dieu ou en diable… En monde ou en ciel… En vie ou en mort… En éternité ou en immédiateté… En tout et en rien… Que de croyances et de questions se croisent et s’entrelacent dans notre monde de tous les jours. Et que de réponses y sont suggérées ou assénées, parfois même sans questions.

Et moi, je crois aujourd’hui ? Aujourd’hui pas comme hier, c’est sûr. Et aujourd’hui pas comme demain, probablement. Mais en Dieu Seigneur et Vie, en Dieu Père et Fils et Esprit saint, en Dieu tout-puissant et si petit, en Dieu qui nous garde au creux de sa main et qui se livre entre nos mains.

Je crois. Aujourd’hui. Ni comme hier ni comme demain. Parce que la foi, c’est vivant, ça bouge, ça se construit et se reconstruit. Au quotidien. Exigeante. Parfois évidente, soleil du matin. Parfois si ténue, tout juste un souffle dans l’ombre.

La foi, c’est don de Dieu, appuyé sur ma lecture de la Bible et ma prière, frotté aux gens que je rencontre et avec qui je parle, confronté à ce qui me réjouit et à ce qui me peine…

La foi, c’est grâce, et c’est responsabilité aussi : j’ai la chance de croire, d’être fondée et étayée, soutenue et entourée, cela m’engage à vivre et agir en conséquence, pour que d’autres encore vivent cette grâce offerte au jour le jour.

J’y crois.

Aujourd’hui.

Sophie Mermod-Gilliéron, pasteur

 

 

 

 

C’est qui le Monsieur sur le tableau ?
L’ami qui m’a envoyé cette image (dont je ne connais pas l’auteur) a intitulé son courriel « À quand le retour de l’histoire biblique à l’école ? »
Le dessin me parle aussi de la tendance toujours plus affirmée à photographier plutôt qu’à admirer, à mettre en boîte plutôt qu’à vivre.
Mais il est vrai que la question de la culture en général, et de la culture biblique en particulier se pose avec toujours davantage d’acuité : en un clic, on sait tout sur tout, mais va-t-on chercher l’information ? En emmagasine-t-on encore dans nos mémoires ? Ou celles-ci ne s’exercent-elles plus, laissant régner le tout tout de suite, puis pfuittt ?
Et puisque les enfants ne sont plus inscrits à la naissance avec une confession ou une religion (sauf si les parents le demandent), les paroisses ne peuvent plus les contacter pour leur proposer une formation catéchétique.
La tâche est donc dans nos mains : parents, grands-parents, parrains, voisins, à nous de partager et de faire ressentir aux petits la foi  et la lumière (in-photographiable !)qui nous habitent et nous font vivre.

Sophie Mermod-Gilliéron, pasteur