Culte du 25 novembre 2018

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 Lectures

1Co 10,12b-17

12Que celui qui pense être debout prenne garde de ne pas tomber.

13 Les tentations que vous avez connues ont toutes été de celles qui se présentent normalement aux hommes. Dieu est fidèle à ses promesses et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, au moment où surviendra la tentation, il vous donnera la force de la supporter et, ainsi, le moyen d’en sortir.

14 C’est pourquoi, mes chers amis, gardez-vous du culte des idoles.

15 Je vous parle comme à des personnes raisonnables ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.

16 Pensez à la coupe de la Cène pour laquelle nous remercions Dieu : lorsque nous en buvons, ne nous met-elle pas en communion avec le sang du Christ ? Et le pain que nous rompons : lorsque nous en mangeons, ne nous met-il pas en communion avec le corps du Christ ?

17 Il y a un seul pain ; aussi, bien que nous soyons nombreux, nous formons un seul corps, car nous avons tous part au même pain.

 

Mtt 28,16-20

16 Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la colline que Jésus leur avait indiquée.

17 Quand ils le virent, ils l’adorèrent ; certains d’entre eux, pourtant, eurent des doutes.

18 Jésus s’approcha et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.

19 Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,

20 et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

 

Message

Ce dimanche est mis à part pour marquer un arrêt dans notre vie communautaire et individuelle, pour nous souvenir de ce que nous avons vécu tout au long de l’année ; en particulier des événements carrefour de la vie, marquants pour bien des familles : naissance et baptême, confirmation, mariage, cérémonie d’adieu…

Ces événements, nous les avons vécus sous le regard de Dieu.

Pourquoi ?
Pourquoi avons-nous besoin de nous de nous placer sous le regard de Dieu, de demander sa bénédiction, sa grâce, son soutien, sa consolation, ou dire notre reconnaissance… selon les circonstances ?

Les Psaumes nous donnent une réponse : Dieu est fidèle et bon. Nous pouvons compter sur Lui !

 

Quand on parle de la fidélité de Dieu, qu’est-ce que cela évoque pour vous ? (…)

 

Personnellement, je pense à : solidité, fiabilité, durabilité, bonté, loyauté…

Oui la fidélité de Dieu se décline sous ces différentes formes.

 

J’aime en particulier cette idée d’un amour qui ne s’épuise pas :

Lamentations 3

22 Les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées, il n’est pas au bout de son amour. 23 Sa bonté se renouvelle chaque matin. Que ta fidélité est grande, Seigneur !

J’aime aussi la notion de fiabilité :

Nombres 23

19 Dieu n’est pas un homme pour mentir, il n’est pas un être humain pour changer d’opinion. Il n’affirme jamais rien sans tenir parole, ce qu’il promet, il le réalise.

 

La fidélité, un attribut de Dieu. La fidélité est dans la nature même de Dieu et cela le distingue de l’être humain :

2 Timothée 2 :

13 Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même.

 

Parler de Dieu, c’est parler de la « fidélité. »

L’Ecriture nous dit que Dieu est fidèle à lui-même, fidèle à sa parole, fidèle à ses promesses, …

Qu’est-ce que cela signifie vraiment ?

Comment se manifeste cette fidélité envers nous ?

 

Tout cela prend sens en Jésus-Christ.

Jésus-Christ est la promesse de Dieu par excellence, il est révélation, accomplissement, attestation de sa promesse, de sa parole… en Jésus-Christ, Dieu se révèle totalement fidèle à lui-même. Ils ne sont qu’un !

Jésus-Christ est l’Alpha et l’Omega, le début et la fin ; il était depuis toujours et il sera toujours.

Jésus réalise la promesse de Dieu et en même temps, il renouvelle cette promesse en quittant ses disciples :

« Je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

En parlant ainsi, Jésus personnalise cette parole du livre des Lamentations :

« La bonté de Dieu se renouvelle chaque matin. »

Par la présence quotidienne de Jésus-Christ, sensible par l’action du St-Esprit, le Père nous témoigne de la fidélité, un amour fiable.

 

Encore une fois, il s’agit d’un amour que l’on ne peut pas placer sur le même plan que la compassion humaine, parce que l’être humain n’est pas fiable, n’est pas omniprésent et ni omniscient.

Nous pouvons avoir les parents et les amis les plus attentionnés et aimants, ils ne seront pas toujours présents ou adéquats.

Il en va de même pour vos pasteurs qui ont plein de bonnes intentions et qui se veulent sincèrement être disponibles… Mais, nous ne sommes pas fidèles comme Dieu l’est. Ca me fait du bien de vous le dire…

C’est donc normal, juste et sage de chercher chaque jour la proximité de Dieu et en particulier dans les événements-carrefours de nos vies.

C’est vers Dieu, qui est bon et fidèle, qu’il nous faut dire notre joie, notre reconnaissance, nos espoirs, pour une naissance, une union, une confirmation et même, pour une vie qui s’achève, un proche qui nous quitte.

Prendre congé d’un être aimé, c’est regarder en arrière et compter les bienfaits de Dieu !

 

J’aimerais m’attarder sur ces moments en creux de nos vies. Car c’est précisément dans les moments douloureux qu’il est difficile de reconnaître la fidélité de Dieu.

Il nous vient plutôt d’autres sentiments et pensées : où es-tu Seigneur !? Pourquoi !? Il m’a laissé tomber !

 

Revenons aux paroles de Paul aux Corinthiens:

Les tentations que vous avez connues ont toutes été de celles qui se présentent normalement aux hommes.

Dieu est fidèle à ses promesses et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, au moment où surviendra la tentation, il vous donnera la force de la supporter et, ainsi, le moyen d’en sortir.

 

  • « Les tentations qui se présentent normalement aux êtres humains »

Le mot grec utilisé ici peut être traduit en français par « tentation » ou « épreuve ». C’est une ambiguïté intéressante.

Paul considère ces épreuves de la vie comme « normales », car faisant partie de la réalité humaine. Dans un monde qui tend à regarder la souffrance comme anormale, il est bon de s’en souvenir…

Cependant, les épreuves de la vie peuvent devenir le terrain d’une « tentation ». Le terrain propice ou le mal/Malin nous pousse vers l’abandon, l’infidélité…

Ainsi Paul poursuit :

  • « il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais, au moment où surviendra la tentation, il vous donnera la force de la supporter et, ainsi, le moyen d’en sortir. »

Ainsi, quand les épreuves normales de la vie deviennent tentation, la fidélité de Dieu se manifeste dans une forme de prévenance, de protection, de limite posée à la puissance de nuire du mal…

La nouvelle formule du NP exprime bien cela. C’est un moyen de nous approprier cette promesse : « Seigneur, ne nous laisse pas entrer en tentation… »

Cette affirmation nous laisse comprendre que Dieu connait nos limites, des limites propres à chacun.

 

D’autre part, Dieu nous donne les forces et les moyens de résister. Dieu ne fait pas disparaître la souffrance, il nous donne les moyens d’y faire face.

En cela, Il est fidèle à sa promesse : « Je serai avec vous tous les jours… » Pour le meilleur et pour le pire !

 

Avez-vous remarqué que Paul argumente son exhortation en faisant référence au repas de la cène ?

« Pensez à la coupe de la cène pour laquelle nous remercions Dieu : lorsque nous en buvons, ne nous met-elle pas en communion avec le sang du Christ ?… »

Pourquoi Paul évoque-t-il le repas du Seigneur ? Ce n’est pas juste un souvenir des « joyeuses aventures de Jésus et de ses petits copains» !

Le repas du Seigneur évoque une présence souffrante. Un Jésus souffrant avec et pour des êtres humains que nous sommes. Un Jésus présent au cœur d’une humanité malmenée par le mal.

C’est précisément au cœur de la souffrance que Jésus a témoigné de sa fidélité à son Père et de son amour envers nous : « Père non pas ma volonté mais la tienne » ; « Tout est accompli » !

 

Enfin, j’aimerais relever ce bref avertissement posé là comme par accident : « C’est pourquoi, mes chers amis, gardez-vous du culte des idoles. »

Pourquoi cette allusion aux idoles ?

Parce que, dans la détresse, la tentation est justement de faire recours à des subterfuges. Les idoles ce sont des sécurités illusoires, humaines ou matérielles. Elles sont plus immédiates, plus visibles, plus accessibles, peut-être aussi plus monnayables que Dieu… Mais tellement infidèles !

Cette succession d’encouragements et d’avertissements de Paul nous oblige à nous positionner.

 

Quelle est notre réponse à la fidélité de Dieu ?

 

Reconnaître et proclamer la fidélité de Dieu reste toujours un choix.

  • Il est toujours possible de choisir la complainte et l’apitoiement.
  • Il est toujours possible de se tourner vers des idoles…
  • Il est toujours possible de chercher à se soigner tout seul, à la force du poignet…

 

En ce dimanche, ou nous faisons mémoire des temps forts de nos vies, avec l’Ecriture et les croyants d’hier, nous proclamons : Dieu est fidèle. Il est, il était et il vient !

 

Dieu est fidèle à ses promesses. Dieu est fidélité. Amen.

Pasteur Olivier Bader