Voilà, j’écris ce billet mardi, et le verdict vient de tomber : 1 – 0 pour la Suède, la Suisse est éliminée du Mundial 2018.

Déjà bien d’être parvenue en huitième de finale, ou dommage d’avoir perdu des matches qui auraient pu être plus réussis… Je laisse ces avis aux spécialistes, moi je n’y connais rien.

Mais une réflexion tout de même : ces footballeurs, qui portent sur leurs épaules l’espoir d’une Nation (parfois de deux !), le bonheur d’un peuple, après quoi courent-ils ? Ils courent après du vide !

Ce n’est pas un jugement sur le football, ni le sport, tant s’en faut. C’est juste une question concrète et toute matérielle qui m’amuse : le ballon, cet objet de toutes les attentions ces temps, ce fameux cuir est plein… de vide.

On lui donne un sens et un rôle, on lui attribue qualités et défauts, on le passe et le dérobe, on le perd ou on l’envoie dans le but. Et c’est juste un peu de vide avec une belle enveloppe bien cousue autour.

N’avons-nous pas tous des temps où nous courons après du vide, même s’il est magnifiquement enveloppé ? Des temps où nous avons le sentiment que ce pourquoi nous jouons, ce pourquoi nous affrontons les autres et le monde, ce pourquoi nous nous enthousiasmons est, somme toute, creux, vide ? Nous avons envie de baisser les bras (de reposer nos jambes !) et de tout laisser tomber, de laisser le ballon rouler à terre en touche.

Et pourtant, ce vide est plein. Comme un ballon de foot est plein… d’air, mais aussi de désirs, et joies ou de peines, d’échecs et de victoires.

Nos vides sont pleins… d’air, ou plutôt de souffle. Pleins du Souffle de Dieu, qui emplit nos vides d’élan, de projets et de lumière. Et nous pouvons poursuivre le match de la vie, avec ses passes et passages, ses pertes et ses gains, ses buts atteints et ses attentes ouvertes.

Et je ne suis pas en train de dévier en corner : le plein et le vide, c’est une question de souffle et de regard. Bonne suite de Mundial, même sans la « Nati ». Et bel été, balle au pied ou en tête.

Sophie Mermod-Gilliéron