La FOI, l’ESPERANCE, l’AMOUR, 1ère partie

 Culte du 26.08.18, pasteur Olivier Bader

Version imprimable de la prédication la foi l’espérance et l’amour (1)

Textes TOB

Romains 5,1-5 (TOB)

1 Ainsi donc, justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ ; 2 par lui nous avons accès, par la foi, à cette grâce en laquelle nous sommes établis et nous mettons notre fierté dans l’espérance de la gloire de Dieu.

3 Bien plus, nous mettons notre fierté dans nos détresses mêmes, sachant que la détresse produit la persévérance, 4 la persévérance la fidélité éprouvée, la fidélité éprouvée l’espérance ; 5 et l’espérance ne trompe pas, car l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.


 

Intro :

  1. a) La foi, l’espérance l’amour : 3 réalités spirituelles 

1Corinthiens 13,13

 « Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand. »

La foi, l’espérance, l’amour… des jolis mots. Mais quelles réalités recouvrent-ils ? L’amour est assez concret, on en parle volontiers. Mais la foi, l’espérance ? Quel lien entre ces trois réalités spirituelles ?

J’ai eu l’occasion de méditer ces thèmes récemment et j’ai eu envie de vous partager mes découvertes.

On dit volontiers de la foi, de l’espérance et de l’amour comme des valeurs, ou des vertus. Mais ce sont des réalités spirituelles !!! Ce sont des dynamiques à vivre, à expérimenter. Elles alimentent notre quotidien. Et particulièrement notre quotidien laborieux, douloureux… Je donnerai des exemples dans un instant.

Nous verrons que ces trois réalités spirituelles sont indissociables. Elles sont liées l’une à l’autre de plusieurs manières différentes. Et c’est ce lien que j’aimerais mettre en valeur. Je le ferai aujourd’hui en mettant l’accent sur la foi et dans trois semaines, je développerai le thème de l’espérance.

Le thème de l’amour est plus accessible et nous en avons beaucoup parlé cette année en rapport avec le thème du w-e de paroisse.

  1. b) La souffrance : le berceau de la foi, de l’espérance et de l’amour

Mon expérience personnelle, pastorale et théologique.

C’est dans une expérience personnelle de la souffrance et aussi dans ma pratique pastorale, accompagnement de personnes souffrantes que j’ai mieux compris ces réalités et les liens entre elles.

Témoignage :

Dernièrement, j’écrivais une carte à la famille de ma sœur, à l’occasion des 4 ans du décès accidentel de ma nièce et filleul Laurane. Que faut-il dire dans ces circonstances ? …

J’ai eu l’envie de dire ce que j’avais reçu comme encouragement de la part de ma sœur et de mon beau-frère, mais aussi de leurs deux autres filles. Et très naturellement, ces trois réalités spirituelles sont venues à mon esprit :

  • J’ai pris conscience que leur foi en Jésus-Christ mort et ressuscité avait été comme un phare dans cette terrible épreuve, un point de repère ferme qui ne vacillait pas alors que tout s’effondrait autour d’eux. Ils ont reçu la force de « rester ferme dans leur foi ». Et nous verrons que cette expression est riche de sens.
  • A cause de cette foi en un Dieu qui est passé de la mort à la vie, ils ont reçu la grâce de voir plus loin et plus haut. Une conviction appelée « espérance » s’est profondément inscrite dans leur cœur et leur esprit : « La mort n’aura pas le dernier mot, Laurane est vivante auprès du Père qui est dans les cieux et qui est aussi notre Père à nous qui sommes sur la terre. Viendra le jour des retrouvailles. »
  • Ce qui est aussi extraordinaire, c’est de voir que la foi de cette famille a aussi aidé chacun à continuer à vivre et à aimer. Ils ne se sont pas replier, ni sur leur souffrance, ni sur leur espérance. Même si le décès de leur fille et sœur a laissé une cicatrice encore douloureuse, ils sont restés en lien avec le monde qui les entoure. Ma sœur fait de la relation d’aide dans un centre chrétien. Mon beau-frère, psychologue du travail, se trouve régulièrement au chevet de chefs d’entreprise en souffrance. Et même dans leur vie privée, l’un et l’autre continuent à accompagner et à aider bien des personnes qui s’approchent d’eux. Quant à mes nièces, elles continuent leurs études, elles sont engagées l’une et l’autre dans des groupes de jeunes au service des autres.
  • La foi les a préservés du désespoir et de l’apathie. Plus encore, la foi a fortifié leur espérance en la résurrection et leur amour pour les autres.

 

Dans mon travail pastoral, j’observe comment la foi, l’espérance et l’amour deviennent particulièrement tangibles et vivants à l’épreuve de la souffrance. Ou alors, elles sont menacées par celle-ci !

La souffrance est comme une ligne de crête avec ses deux versants :

  • Soit la foi des personnes en souffrance est solidement établie ou suffisamment active et alors, l’espérance et l’amour peuvent se fortifier au bénéfice de la personne souffrante et même au bénéfice de l’entourage !
  • Soit, la foi est vacillante, et ce sont d’autres réalités qui occupent le terrain : l’amertume, la révolte, l’angoisse, le doute, le découragement…

 

Ainsi, il n’est pas étonnant de voir la place qu’occupe de thème de la souffrance dans le Nouveau Testament.

  1. a) D’abord, nous croyons en un Dieu qui nous a montré son amour par la souffrance de son fils. Jésus s’est fait homme et pleinement homme en assumant jusqu’à l’extrême notre humanité souffrante. Même si le salut ne dépend pas ultimement de cette souffrance.

Ainsi, les apôtres ont très souvent rapproché le chemin des chrétiens et celui du Christ. Pierre va jusqu’à dire : 1 P 4,12:

12Bien-aimés, ne trouvez pas étrange d’être dans la fournaise de l’épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’anormal.

13Mais, dans la mesure où vous avez part aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse.

 

  1. b) D’autre part, Paul parle souvent de ces trois réalités dans un contexte de souffrance (persécution). Et il se réjouit quand il observe ce trio de réalités spirituelles se développer parmi les chrétiens, c’est sa prière la plus ardente :

Colossiens 1 ,4

« …nous avons entendu parler de votre foi en Jésus Christ et de votre amour pour tous les saints, dans l’espérance qui vous attend aux cieux ;… »

1 Thessaloniciens 1,2-3

« Nous rendons continuellement grâce à Dieu pour vous tous quand nous faisons mention de vous dans nos prières ; sans cesse, nous gardons le souvenir de votre foi active, de votre amour qui se met en peine, et de votre persévérante espérance, qui nous viennent de notre Seigneur Jésus Christ, devant Dieu notre Père,… »

 

Si Paul nous visitait, pourrait-il s’exclamer de la sorte ?…

  1. c) La FOI
  • Qu’est-ce que la foi ?

La foi n’est pas un sentiment fluctuant, qui va et vient… Nous allons voir que c’est quelque chose de bien plus concret, tangible et fiable…

La foi ne pactise pas avec le doute. Le doute est certes toujours une expérience proche de la foi, mais elle est dans le meilleur des cas une stimulation de la foi, dans le pire des cas, son ennemi.

Hébreux 11, 1 nous donne cette définition de la foi :

Trad VDS : 1La foi est une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas.

Trad. Litt : La foi est la garantie des biens espérés, la démonstration de réalités invisibles.

Le vocabulaire est très matériel, voire scientifique…

On peut donc comprendre la foi comme assurance et adhésion de notre être tout entier.

Adhésion à un acte d’amour concret et historique : la croix…

De même que la croix du Christ a été fermement plantée et dressée sur le Mont Golgotha en l’an 33 de notre ère, à Jérusalem, en Palestine sous domination romaine…

De même notre foi est appelée à être enracinée en Christ.

Colossiens 2,6-8

 « 6 Poursuivez donc votre route dans le Christ, Jésus le Seigneur, tel que vous l’avez reçu ; 7soyez enracinés et fondés en lui, affermis ainsi dans la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordants de reconnaissance.

8 Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l’enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l’univers et non plus du Christ. »

 

  1. d) Le lien entre la foi et l’espérance et l’amour

J’aimerais montrer ici comment la foi est la source de l’espérance et de l’amour, comme la porte d’entrée à ces deux réalités. Je crois que sans la foi, il est difficile d’espérer et difficile d’aimer véritablement.

Dans le texte lu de Romains 5, il est dit :

1Ainsi donc, justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ ;

Paul utilise ici un vocabulaire juridique de la justification : la foi, comme moyen passif (en opposition aux œuvres de la loi) d’accès à Dieu, simple ouverture de l’être tout entier à Dieu qui se révèle en Jésus-Christ.

Toujours pécheurs, mais rendus justes devant Dieu, pardonnés, nous pouvons trouver la paix avec Dieu, soit une relation filiale authentique, se reconnaître enfants de Dieu… C’est Jésus mort et ressuscité qui permet ce miracle : nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ…

C’est extraordinaire !

Et Paul cherche à montrer la conséquence immédiate de la justification :

2 par Jésus nous avons accès, par la foi, à cette grâce/amour en laquelle nous sommes établis et nous mettons notre fierté dans l’espérance de la gloire de Dieu.

Commentaire …

  • OU : par la foi en Jésus
  • nous avons (obtenu) accès à cette grâce/amour de Dieu
  • en laquelle nous sommes établis
  • et nous mettons notre fierté dans l’espérance de la gloire de Dieu.

La foi est ce positionnement de notre être tout entier qui ouvre résolument une porte, un « accès acquis », non renégociable, sûr, fiable, qui nous établit (enracinent) dans l’amour de Dieu, mais aussi l’amour du prochain et qui nous permet d’être fiers de l’espérance.

 

Conclusion

La foi, l’espérance et l’amour…

J’aurais encore l’occasion de développer ce qu’est l’espérance. C’est aussi une réalité très tangible, même si elle couvre des réalités à venir…

Mais j’aimerais conclure avec le symbole de la croix de Camargue qui reprend et entremêle ces trois réalités spirituelles : La croix, symbole de la foi, l’encre symbole de l’espérance et le cœur, symbole de l’amour.

 

Alors oui, nous pouvons prier comme les disciples :

« Augmente-nous la foi ! »

Ou comme le père de l’enfant possédé par un esprit :

« Je crois! Viens au secours de mon incrédulité! »

Mais nous pouvons aussi nous positionner dans cette foi qui nous est offerte, comme dans une confession de foi. On le fera ensemble dans un instant.

Et vous pouvez le faire chaque jour, au cœur même de la souffrance, de la solitude, de l’angoisse…

« Seigneur, j’ai peur, mais je sais que tu es ma forteresse… Je me sens seul, mais je crois que tu es là… Je ne comprends pas ce que je vis, mais j’affirme que tu es ma lumière, que tu as une issue pour moi… »