La FOI, l’ESPERANCE, l’AMOUR, 2ème partie

Prédication du 16.09.18, past. Olivier Bader

Version imprimable de la prédication la foi l’espérance et l’amour (2)

Introduction :

La première lecture est un extrait du chapitre 26 du livre d’Esaïe. Il résonne comme un Psaumes. Il exprime l’espérance fondée en Dieu. Je l’ai choisi aussi parce que c’est un des premiers textes de l’AT qui fait explicitement référence à la résurrection des morts. Cette croyance est venue tardivement dans la pensée juive.

Le second texte, du chapitre 8 de la lettre aux Romains parle de l’espérance comme d’une nouvelle ère, d’une délivrance qui touche tant la création tout en entière que le croyant.

Lectures :

Esaïe 26,7-9 + 19 (TOB)

7 Le chemin du juste va tout droit, et tu aplanis la voie droite du juste.

8 Sur le chemin que tracent tes sentences, nous espérons en toi, SEIGNEUR, l’objet de nos désirs est de redire ton nom.

9 Pendant la nuit, vers toi mon âme aspire, mon esprit, au-dedans de moi, te cherche.
Quand tes sentences s’exercent sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice.

19 Tes morts revivront, leurs cadavres ressusciteront.
Réveillez-vous, criez de joie, vous qui demeurez dans la poussière ! Car ta rosée est une rosée de lumière, et la terre aux trépassés rendra le jour.

Romains 8,18-25

18 J’estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous.

19 Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu :

20 livrée au pouvoir du néant – non de son propre gré, mais par l’autorité de celui qui l’a livrée –, elle garde l’espérance,

21 car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu.

22 Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement.

23 Elle n’est pas la seule : nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps.

24 Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance. Or, voir ce qu’on espère n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment l’espérer encore ?

25 Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec persévérance.

 

Message

Quelle est la nature de l’espérance ? Réalités présentes ou futures ? Ou les deux ?

Je veux commencer par distinguer la foi de l’espérance.

Dans l’AT, la foi et l’espérance sont très proches  et interchangeables :

Ex :

  • Esaïe 26: « 8 Sur le chemin que tracent tes sentences, nous espérons/fions en toi, SEIGNEUR,… »
  • Ps 40,4 : « Heureux l’homme qui place en l’Eternel sa confiance, son espérance, sa sécurité… »

 

Dans le NT, les deux notions sont aussi proches :

Comme la foi, l’espérance concerne des réalités invisibles, comme la foi, elle est enracinée en Christ.

Cependant, on peut les distinguer dans la ligne du temps.

On peut dire que la foi engage notre confiance pour des attentes présentes ou proches, de notre vivant.

L’espérance engage notre confiance pour des réalités futures, au-delà de ce monde  et de notre vie terrestre.

Quelles sont ces réalités à venir ?

1) Le Royaume de Dieu et la gloire de Dieu (plan cosmique)

L’œuvre de Dieu ne se limite pas à notre temporalité, ni à l’univers humain. Quand Jésus dit : « Le Royaume de Dieu s’est approché… », il dit « J’inaugure une ère nouvelle qui ne connait pas les frontières du temps et de l’espace. Le RDD, c’est vivre en paix avec Dieu et faire sa volonté, aujourd’hui et ici-bas et jusqu’à jamais dans la gloire du Père. »

 

Voilà comment Paul parle du Royaume de Dieu sur un plan cosmique. Il en parle en termes d’anéantissement du mal et de la mort et de domination du Christ :

1 Co 15,24-26 «  ensuite viendra la fin, quand le Christ remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Autorité, tout Pouvoir, toute Puissance. 25 Car il faut qu’il règne, jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. 26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort,… »

Le texte de Romains en parle avec d’autres termes :

« la création qui est livrée au pouvoir du néant sera libérée de  l’esclavage de la corruption… » Rm 8,21

On peut remarquer que cette œuvre de libération ne concerne pas seulement le genre humain, mais la création toute entière.

Commentaire :….

Cette œuvre de salut s’inscrit dans un avenir qui correspond au retour du Christ, à la fin des temps, au jugement dernier… Ce temps marque la fin définitive  du règne du mal.

 

2) Le salut et la vie éternelle (plan individuel)

Sur le plan individuel, le Royaume de Dieu se concrétise par les réalités du salut et de la vie éternelle.

Trois passages en présentent trois accents différents :

Rm 8,23-24 « …nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance. »

Rm 8,17 « Enfants et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisque, ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire. »

2Co 4,14  « Car nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus et il nous placera avec vous près de lui. »

Voilà ces réalités spirituelles qui sont désignées comme sujet d’espérance dans le NT :

1) Le Royaume de Dieu et la gloire de Dieu (plan cosmique)

2) Le salut et la vie éternelle (plan individuel)

***

Avant d’aller plus loin, nous devons nous interroger : croyons-nous à ces réalités-là ?

Est-ce qu’elles font partie de notre perception du temps, de notre destinée et du projet de Dieu pour le monde et l’humanité ?

Est-ce des concepts un peu flous, lointains et incertains ?

Est-ce que nous sommes dans la confusion avec d’autres concepts qui inondent le marché religieux et qui appartiennent à d’autres croyances, comme la réincarnation ? Cette dernière n’a rien à voir avec la résurrection !

 

Paul nous bouscule très clairement au sujet de notre espérance. Car la confusion et le doute semaient déjà le trouble parmi les premiers chrétiens :

1 Co 15 : « 13S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité, 14et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide, et vide aussi votre foi. »

«  19 Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. »

Sommes-nous des navires ballotés à tout vent (Ep. 4,14) ? Où jetons-nous notre ancre ?

  • Hébreux 6,19 : L’ancre est plantée dans le lieu saint, en Christ !

L’image de l’ancre pour parler de l’espérance vient de Hébreux 6,19 : « L’espérance est pour nous comme une ancre de l’âme, bien fermement fixée, qui pénètre au-delà du voile, 20 là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus… »

« Une ancre de l’âme/être » !!!

  • Es 26,9 « Pendant la nuit, vers toi mon âme aspire, mon esprit, au-dedans de moi, te cherche. »

Où est plantée cette ancre ?

« Au-delà du voile », c’est-à-dire, dans le lieu très saint du temple, là où seul le grand-prêtre pouvait entrer pour rencontrer Dieu, là où le Christ nous a précédés en ouvrant un accès au Père. Ainsi, on peut dire que notre espérance est ancrée dans l’intimité de Dieu.

L’espérance dans le Royaume de Dieu, le salut, la vie éternelle est fondée en Christ :

  • Il inaugure le Royaume de Dieu
  • il est le premier né d’entre les morts
  • il siège à la droite du Père
  • il est notre jugement et notre salut

Symbole des apôtres :

« … le troisième jour, est ressuscité des morts ;

Il est monté au ciel, Il siège à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ; d’où Il viendra pour juger les vivants et les morts. »

Si nous affirmons dans notre liturgie ces vérités théologiques, ce n’est pas seulement parce qu’elles sont jolies, parce qu’elles nous viennent de la bible, parce que l’Eglise depuis toujours et partout les confesse, parce que les théologiens ont couvert des pages et des pages à leur sujet… Non c’est pour que ces vérités deviennent des réalités concrètes et vivantes dans nos vies. Qu’elles influencent notre manière de vivre, notre vision du temps, de notre destinée et qu’elles soient un formidable levier d’encouragement !

Conclusion : l’espérance, levier de courage, d’assurance, et de persévérance

2 Co 4,16-18 « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.

17 Car nos détresses d’un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. »

 

1 Co 15,57-58

« Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, faites sans cesse des progrès dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre peine n’est pas vaine dans le Seigneur. »

Comme on peut le lire dans ces citations, l’espérance est un formidable levier de courage, d’assurance, et de persévérance.

L’espérance nous permet :

  • de voir plus loin, pour mieux voir maintenant.
  • de croire à une vie et un amour dans l’au-delà, pour mieux vivre et aimer maintenant.
  • de cultiver le courage quand tout est sombre.

Amen.