Le « nouveau Matin Dimanche » s’est fendu il y a dix jours d’une fort longue manchette.
Laquelle annonçait une maquette repensée, un cahier sport revu, un cahier culturel, et « un nouveau cahier Bien Vivre pour refaire du dimanche un vrai jour sain ».
Le dimanche était donc devenu malsain. Vous penseriez peut-être qu’il suffirait de passer davantage de temps en famille, ou d’aller se balader, de visiter une expo ou de participer à un match de foot pour « assainir » votre dimanche. Que nenni : c’est la lecture du cahier du Matin et de ses probables publicités qui semble plutôt requise !
Et moi qui croyais que le dimanche était un jour « saint », avec « t ».
Un jour de repos offert par Dieu à ses créatures. Un jour pas comme les autres, ou la dimension spirituelle prend tout particulièrement sa place. Un jour où l’on se retrouve en amitié, en fraternité, en communauté… Un jour de prière et de louange en commun, de partage.
Un jour saint… et sain, non ?
Et puis, dimanche qui vient est, pour moi et bien quelques autres, un jour tout spécialement saint. C’est le dimanche des dimanches, la fête de Pâques qui célèbre le jour de la résurrection de Jésus Christ. Ce jour qui a ouvert pour chacun de nous la vie éternelle. 
Manger des lapins ou des œufs en chocolat n’est probablement pas si sain, mais se souvenir qu’ils sont respectivement symboles, les uns de l’humilité silencieuse du Fils de Dieu, et les autres de la vie enclose qui explose hors du tombeau, c’est saint. Et sain, je pense. Et… ce n’est pas un poisson d’avril !

Sophie-Anne Mermod-Gilliéron, pasteur

Cachez ce « saint »…

Vous l’avez probablement remarquée, cette grande manchette qui présentait les nouveautés du « Matin Dimanche », il y a quelque temps. Parmi d’autres changements dans ce journal-là, la manchette indiquait qu’il comporterait désormais « un nouveau cahier Bien Vivre pour refaire du dimanche un vrai jour sain ». Depuis que j’ai lu ça, ça me fait réfléchir.

Je me suis demandé si cela signifie que le dimanche est devenu malsain. Trop sédentaire et pantouflard pour certains peut-être. Malsain pour tous ceux qui exagèrent avec le sport, le jardinage, ou je ne sais quelle passion, éventuellement. Malsain pour ceux qui doivent travailler afin que d’autres puissent vivre leurs loisirs comme ils l’entendent. Certainement. La lecture du « Matin Dimanche » y remédiera difficilement, me semble-t-il.

Mais bon. Là n’est pas la question qui me turlupine. Moi, je pensais que le dimanche était essentiellement un jour « saint », plutôt que « sain ».

Ce n’est probablement plus au goût du jour. La sainteté est encombrante de nos jours, elle est hors norme, et même si c’est celle du dimanche, il est mieux vu de ne s’occuper que de santé. Cachez-ce « saint » que l’on ne saurait voir, ce « saint » passé de mode et vieille école – pardon : vieille église. Il s’agit désormais de se montrer « sain » et « fit ».

Et si…

Et si pourtant, nous refaisions du dimanche un vrai jour saint ? Si nous décidions que le dimanche est toujours un vrai jour saint ?

Un premier jour de la semaine. Un jour qui donne la couleur et le ton pour la semaine qui vient. Un jour où l’on se place devant Dieu. Un jour de réunion des communautés. Un jour où l’on prie et chante. Un jour où l’on écoute ensemble la Parole de Dieu dans la Bible. Un jour où l’on échange à propos des réalités spirituelles qui donnent un sens à notre vie matérielle.

Tout cela n’est-il pas saint ?

Et du coup, tout cela n’est-il pas sain ?

Pour le mesurer : rendez-vous dimanche prochain, et les suivants !

Sophie-Anne Mermod-Gilliéron